"Mouvement Athée veut une guerre, veut la fin de l’OTAN, veut une Europe forte et ultra-laïque pour faire son sale boulot. (...) Et même si l’on n’en entend pas parler ici, ils font pareil en Asie… Japon, Corée du Sud… Mouvement Athée n’est pas aussi pacifiste qu’il le prétend. L’Europe que vous fabriquez est exactement celle dont ils ont besoin : Antireligieuse, militarisée, indépendante de toute organisation internationale capable de lui tenir la bride." Stephen Thompson, délégué du Parlement Européen

jeudi 8 mars 2012

Chronique Rôliste n°1 : Back in Businæss.


Partie du 25/02/2012
Pax Europæ, Florent en parle ici depuis un moment, tout en évoquant au détour d'un billet militant le Jeu de Rôle en développement autour de cet univers. Récemment, les parties test ont repris grâce à Rolisteam, logiciel libre et gratuit permettant de simuler des parties de jeu de rôle en ligne. L'éloignement géographique de fait supprimé, le développement quelque peu ralenti est donc reparti, on l'espère, sur de bons rails. Et nous n'allions tout de même pas garder pour nous les moments de gloire (ou de solitude) de ces parties... Cette nouvelle rubrique est donc là pour vous les faire partager ! Vous pourrez ainsi suivre avec nous, créateur, collaborateurs, et bêta-testeurs de Pax Europæ, les évolutions et développements de ce fameux jeu de rôle !
A propos, mon nom de code est bizarman, bêta lecteur, testeur et contributeur de Pax EU, et c'est à mon ego surdimensionné qu'a été confiée la délicate mission de rédiger la chronique du jour.

Le scénario joué était sans grande prétention – l'objectif était autant de relancer la machine que d'apprendre à maîtriser le logiciel, assez intuitif mais recelant nombre de petites subtilités qu'il vaut mieux apprendre par la pratique. Un one-shot préparé par Florent en une nuit nous permit néanmoins de passer un très bon moment, et de tester plusieurs mécanismes introduits récemment dans le système de jeu, et non encore mis à l'épreuve, par exemple le saut en parachute et une nouvelle règle sur les jets de minage/déminage. Le système d'amélioration des compétences et de gestion de l'expérience, lui aussi peaufiné récemment, nécessitera une petite campagne pour être testé sur la durée.
Ont participé à la mission :

-Lt Märinen, PNJ dirigeant la mission, contrôlé par Florent, également MJ pour la session.
-Alonzo Pedrescu, Fantassin, Soldat Dormant (aka réserviste), camionneur dans le civil et ayant donc pour principales compétences le pilotage et la mécanique. Un peu inquiet de repartir en mission derrière les lignes ennemies. Utile pour se déplacer et s'enfuir, mais à couvrir... Joué par Nico.
-Jones Mc Ouille, Sniper, fumeur invétéré, optimisé pour couvrir nos arrières. Joué par Galadas, nouveau venu découvrant le jeu et l'univers. Très bon baromètre pour repérer les points confus dans les règles, donc.
-Zolf J. Kimblee, Grenadier, spécialiste en explosifs et armement, qui... aime son boulot de façon légèrement malsaine (un peu moins que le personnage d'un célèbre manga auquel le nom a été éhontément emprunté). Principale force de destruction pour la mission. Joué par moi même, bizarman si vous ne suiviez pas. 
Nous avions tous, outre notre spécialisation de base, la formation avancée commando-parachutiste, octroyant un bonus de 5 points à répartir dans nos différentes statistiques et compétences. Devenir commando para nécessite en théorie beaucoup d'expérience, mais il fallait bien tester le saut en parachute... sans que l'on se casse tous la jambe au premier jet.
Le vif du sujet :
Le Lt Märinen nous a convoqué, Alonzo, Jones, et moi, en briefing, prêt à nous confier une périlleuse mission d'infiltration derrière les lignes Russes. En effet, depuis le début de l'an 2034, ces derniers ne cessent de progresser sur les territoires des Régions Nord des Etats-Unis d'Europe, et il serait peut être temps de leur montrer à qui appartient ce continent. En plus, ils semblent préparer un mauvais coup : nos services de renseignements ont remarqué que les buveurs de vodka installaient des bases secrètes dans des endroits reculés et discrets, en Laponie par exemple... Et nous savons de source sûre qu'ils y mettent en place des émetteurs. Prépareraient-ils une cyber-attaque de grande envergure ? Peu importe pour nous : parachutés de nuit derrière les lignes russes, notre mission sera de repérer, d'infiltrer et de détruire l'une de ces bases. Depuis la zone de largage, le centre en question sera accessible par deux ponts construits par l'ennemi, et il serait judicieux qu'il n'en profite plus après notre départ... Jones et Alonzo obtiennent confirmation que le temps devrait être dégagé, malgré la probable présence de brouillard de guerre. Oh, et bien sûr, c'est en Laponie qu'on nous débarque, il va faire frisquet dans les bois enneigés ! Le briefing se termine dans une ambiance relativement détendue, bien que le lieutenant doive couper court à mes fanfaronnades qui, si appliquées, risquent de faire muter les survivants au Bataillon Léonidas...
Nous rejoignons alors la Furie d'assaut sur le tarmac, et la sphère de Kalanium s'élève vers le ciel, nous conduisant plus vite que nous le souhaiterions vers l'objectif.
C'est en se rapprochant que des inquiétudes apparaissent dans le groupe : Alonzo commence à paniquer à l'approche de la mission et nos tentatives pour le calmer ne sont pas des plus fructueuses...
Et c'est au moment de sauter que le premier problème apparaît : le stress ambiant oblige Alonzo à faire un jet de sang-froid... qu'il rate. Contrairement à ses compagnons, plus sereins (et formés pour ça) et qui n'ont qu'à contrôler leur descente, Alonzo panique et se retrouve bloqué devant le gouffre béant de la soute ! Il faut alors toute la diplomatie du lieutenant, qui fait appel à son charisme comme à son sens de la psychologie, pour convaincre Alonzo que c'est un travail d'équipe, qu'il se bat pour l'Europe, et qu'une formation de commando-para, ça ne s'oublie pas ! Convaincu, notre compagnon, réalise le saut et réussit les jets qui le mènent sain et sauf sur l'aire de largage avec nous. Quand Florent a rédigé les règles du saut en parachute, je craignais qu'elle ne favorisent des fractures multiples pour tous en début de partie, ce qui aurait été pour le moins... anticlimatique.
Le parachute caché, par la neige et les branchages, nous repérons les lieux et nous ne pouvons que constater la présence d'un épais brouillard de guerre.
Bon, nous sommes à présent cachés dans la forêt, et la carte incomplète fournie par les renseignements nous indique l'emplacement des deux ponts, menant théoriquement à notre objectif. Le pont n°1, le plus au Nord, devrait être le moins gardé, mais il est entouré par une zone entièrement découverte. Le second est juste à l'entrée de la base, mais doit logiquement grouiller de défenseurs. Nous décidons alors de nous séparer en deux groupes pour piéger les deux ponts au même moment, plan que j'accepte après une petite réticence. Le premier groupe sera composé de Jones et Alonzo, et s'occupera du pont 1, le second de moi et du lieutenant. Bien entendu (avantage par rapport aux univers de fantasy!) les deux groupes resteront en communication permanente par micro-casque. A intervalles réguliers, nous évaluons si la voie est libre par des jets de perception. Jusqu'au pont, pas d'opposition ou de patrouille. Les raids précédents des forces spéciales ont dû faire un peu de ménage...
En chemin, Jones et Alonzo tombent grâce à un jet de perception réussi sur un grand cube de métal noir, qu'un examen plus poussé permet d'identifier comme un générateur de brouillard de guerre. Le lieutenant coupe court à la curiosité de Jones, qui souhaiterait étudier et recueillir des données sur l'objet « -et pourquoi pas y organiser un pique-nique ! ». Il serait plus sage de le détruire, mais un sabotage trop brutal préviendra les Russes de notre présence tout en faisant disparaître le brouillard qui nous cache également. Je suggère alors de saboter le générateur de façon à faire croire à une panne, ce qui poussera l'ennemi à envoyer des troupes pour vérifier le matériel ; ainsi la garde d'un des deux ponts (vraisemblablement, le n°1, le plus proche) se retrouvera réduite, ce qui facilitera notre infiltration et la pose des explosifs télécommandés visant à le détruire.
Le plan est approuvé et Alonzo réussit brillamment son jet, le générateur cesse donc de cracher son brouillard pendant que les deux saboteurs s'avancent vers le pont, toujours couverts par la brume se dissipant rapidement.
Une fois arrivés au pont, nos deux héros aperçoivent les sentinelles, et constatent vite qu'il y a du mouvement, les gardes dépêchant un half-track dans la direction du générateur. Apparemment, la ruse a fonctionné.
C'est donc l'occasion rêvée pour saboter le pont sans être démasqué, action que Jones Mc Ouille réussit brillamment. Ne voulant tâter de l'eau froide, il traverse en se suspendant à la structure du pont, alors que le plus sage et moins confiant Alonzo préfère nager dans le flux glacé. Les voilà de l'autre côté, incroyable, cette mission d'infiltration se passe, eh bien... sans dégénérer en grosse bataille sanglante, une véritable mission d'infiltration, quoi.
Oui, un pont à saboter, une rivière franchie à la nage et un JDR habituellement rempli de bras-cassés, je sais à quoi vous pensez...
Mais pendant ce temps, des choses terribles se trament au pont 2. Zolf, c'est à dire moi, avance accompagné du lieutenant vers l'orée des bois... déjà, il est possible d'entrapercevoir l'ennemi, qui ne semble pas nous avoir repéré. Confiant, j'avance résolument mais avec classe et discrétion vers l'objectif... de plus en plus près... l'ennemi ne m'a toujours pas vu, et je suis déjà sous le pont ! Et un char ennemi à passé ledit pont, en direction du générateur détruit, l'ennemi s'attend donc à une attaque par les bois, parfait ! C'est le moment de réussir la pose des explosifs, sang-froid et art de la démolition... et encore une fois, la manipulation se passe sans encombre. Décidément, il y a de quoi me motiver à aller de l'avant, me voici en un clin d'œil sur la rive opposée, le lieutenant sur mes talons... Le MJ m’interrompt alors ! « euh, tu devrais faire un jet de perception... » (note du MJ : Après avoir également suggéré de ne pas se précipiter, hein... mais non, c'est l'Eurocorps, ce sont des professionnels !) Je suis déjà bien engagé sur la rive, à deux pas de l'entrée... et je foire le jet. Méchamment. En plus, je n'ai guère plus de chance en réessayant quelques pas plus loin... Au final, mon personnage subitement frappé de myopie, voit devant ses yeux béats et horrifiés se révéler la défense du pont et de l'entrée de la base, prête à le réduire en charpie en même temps que son infortuné lieutenant : Trois soldats nous encerclent, et un nid de mitrailleuse (juste sous mon nez !!! comment ai-je pu le rater!) m’annonce par un cliquetis menaçant mon trépas prochain et inéluctable...
Mais au pont 1, les choses se gâtent également. Le brouillard peine à se dissiper, mais Jones et Alonzo avancent désormais à découvert, et les Russes que notre ruse avaient dispersés commencent à nouveau à se regrouper en direction du pont. Là, nos deux vaillants soldats vont tomber sur ce qui mettra définitivement un terme à la partie « discrète » de la mission.  Un second générateur de brouillard se dresse devant eux. Bah, il n'y a qu'à le saboter comme le premier, Alonzo /Nico est le meilleur mécanicien du groupe, il peut s'en charger... Échec critique. « euh, c'est normal, ce bruit ? » 
Le MJ.
Un sifflement strident indique aux deux saboteurs du dimanche qu'il serait temps de déguerpir aussi vite que leurs jambes peuvent les porter... Cette action très censée les sauve de l'explosion spectaculaire du cube métallique, pour les propulser... droit sur une grille électrifiée. Et oui, ça ne manque pas, Jones se la prend en pleine face... ça doit piquer ! Et avec ce boucan, le Half track du pont (équipé d'une mitrailleuse, je le rappelle) fait mouvement vers les intrus, précédant les sentinelles alertées. Plus qu'à courir vers le Nord, en espérant trouver la seconde entrée... ah oui, c'est ici, juste derrière le garde avec sa mitrailleuse lourde... argh. Garde devant, renforts derrière... la décision est vite prise, on élimine d'abord le garde. Alonzo panique et tire n'importe comment, sans blesser quoi que ce soit... Heureusement, notre sniper est plus posé, et son Famas G3 renvoie rapidement sa cible dans le néant. Mais le camion, rempli d'ennemis, se rapproche toujours.

Et qu'advient-il des bien mal partis Zolf et Lt Märrinen ? Et bien, comme pour toute situation de combat généralisé, il faut tirer l'initiative des belligérants... Ah, trois russes attaquent avant nous. Dont celui à la mitrailleuse lourde. Il ne se prive pas et la rafale me met à genoux, à quelques PV seulement du seuil de douleur (l'évanouissement). Le lieutenant n'est pas plus chanceux et il tombe (mort ? Seulement inconscient?) sous les rafales des deux ennemis suivants. En plus, ils ont roll de hauts dégâts. Le dernier russe a tiré la même initiative que moi, un dé 6 nous départage... à l'avantage de l'ennemi. « Non, pas question que ma vie s’achève de façon aussi minable !  J'INVOQUE L'OPTION PACK DE BIERE ! » Il s'agit là d'une Action Spéciale, prévue pour sortir les joueurs des situations désespérées (comme celle-ci... et une seule fois par personnage et par session de jeu). Irréaliste, cinématographique, mais diablement classe... à condition de réussir le jet la validant. 
La bière de Chuck Norris : Sort le héros de la merde depuis "Œil pour Œil".
Ça passe. Mon personnage voit donc apparaître miraculeusement sous la neige le fameux Pack de Bière de Chuck Norris : son pouvoir régénérateur me maintient donc à 2 PV du seuil de douleur pour toute cette séquence d'action. En clair, je suis temporairement invincible. Mon tour, fini la subtilité et la discrétion : j'arme mon lanceur, et j'achève le nid de mitrailleuse d'une grenade K (la plus puissante à ma disposition), le transformant sur le coup en un joli cratère. J'absorbe sans broncher les rafales des gardes qui reculent terrifiés vers le pont alors que le char revient dans ma direction... Qu'importe, après tout, le pont a été piégé par mes soins, il est plus que temps de déclencher le feu d'artifice. Parce que je tente infructueusement d'évacuer le lieutenant (peut être pas mort) vers un couvert, je ne déchaîne pas l'enfer comme je le voudrais, debout et me riant de l'ennemi à la lueur d'une apocalyptique boule de feu, mais bien à plat ventre dans la neige. (j'aurai peut être dû mettre plus de points en Constitution...) Pour les Russes, le résultat est le même, char et défenseurs sont précipités dans les flots - gageons que les poissons de l'extrême-nord européen aiment leur viande bien grillée. 
 
A ce moment là, j'ai malheureusement dû quitter la partie. Mon personnage s'est donc éteint, terrassé par les nombreuses rafales qu'il avait encaissé, le sourire aux lèvres après son action d'éclat - certain que l'Europe ne peut que triompher de l'adversité. Dommage pour le lieutenant également, pauvre PNJ mourant que personne n'a pu secourir...

Mais revenons aux vrais héros, ceux qui pour l'instant survivent, et voient toujours arriver un Half-track furieux dans leur direction. A cette distance, seul le sniper a une chance d'arrêter le HT en provoquant la mort brutale et violente du chauffeur d'une balle bien placée. Premier tir... échec, et le véhicule se rapproche de plus en plus. Second tir... HEADSHOT ! Le Half-track ne s'arrête pas pour autant, et fuse vers l'ancien nid de mitrailleuse, défonçant les sacs de sable d'un choc sourd. Alonzo et Jones s'assurent des éventuels passagers avant qu'ils ne se ressaisissent : pas question de leur laisser l'occasion de se défendre, une grenade flash-bang pour les paralyser pendant qu'on les élimine au pistolet... pas très honorable, mais en temps de guerre, l'efficacité prime...

Le camion et ses occupants hors service, voilà qui laisse un peu de temps à nos deux survivants pour explorer la base. Pas de difficultés apparente malgré l'alarme, une grosse antenne dans la cour n'attend que d'être sabotée, et les hélicoptères Skot immobiles attendent sagement leurs pilotes. Pas question de s'éterniser après deux morts et une armée de Russes prête à tomber sur les deux survivants de la mission : l'antenne doit sauter, et une grenade K lancée sur le tarmac devrait limiter considérablement la probabilité que les hélicos ne décollent et engagent la poursuite. Les dés sont du côté de Jones et Alonzo après nos déboires précédentes, et l'antenne relais détruite, il faut fuir ! Ce camion garé devant la base a échappé aux explosions, il semble parfait, Alonzo va pouvoir exercer son expertise au pilotage de véhicules terrestres, tandis que Jones (qui a hâte de pouvoir en griller une) le couvrira grâce à la mitrailleuse défensive du véhicule branlant. Mais l'arrivée un nouveau char pourrait réduire en charpie tant leurs espoirs que leurs personnes physiques. Jones connaissant bien ce type de tank, il sait exactement où viser pour éliminer son pilote : la petite fenêtre sur le devant... Jet difficile s'il en est, et une très bonne performance ne suffit pas à atteindre le pilote, qui entend ricocher la balle inutile au dessus de sa tête.S'en suit une fuite dans la base pour attirer le blindé dans la mauvaise direction et libérer le passage, ainsi que la destruction vite-fait bien fait-fait des hélicoptères que les pilotes, réveillés un peu brutalement, n'auront pas l'occasion d'utiliser pour poursuivre nos héros. Ces-derniers parviennent enfin à rejoindre leur espoir de délivrance et Alonzo s'occupe de démarrer le véhicule, like a boss.
Une séquence épique de fuite s'engage au son crachotant du moteur russe de qualité douteuse. Le camion se rue à l'assaut du pont 1, et Jones/Galadas élimine avec diligence tout soldat ennemi osant s'approcher du camion... Et déjà, le pont est derrière, ce qui donne le signal du dernier feu d'artifice de la session : ces explosifs qui ont été placés au début... à leur tour d'expédier les restes cramés des derniers poursuivants au fond de la rivière ! Ponts détruit, antenne relais neutralisée, et lourdes pertes pour l'ennemi... Bien que le temps ait manqué pour explorer la base et découvrir ses secrets, et que notre technique d'infiltration se soit montrée d'une efficacité douteuse, Jones et Alonzo peuvent considérer la mission comme un succès alors qu'ils atteignent le point de récupération prévu. Leur Furie les emmène vers une bonne cigarette, et une soirée dans un bar*, à la santé des deux malheureux compagnons ayant perdu la vie pour le triomphe de l'Europe.
*Mais pas le White Fire. (le jour où on vous expliquera cette private joke, vous le regretterez. Nous aussi, probablement)
Bilan :

Une bonne petite partie pour se remettre dans le bain, qui nous a permis de repérer les points obscurs des règles, et de mieux maîtriser Rôlisteam.
Au niveau du déroulement en lui même, les dés (et l'imprudence de certains, je ne me nommerai pas) nous ont certes joué des tours bien qu'une grande partie de la mission soit un succès. Si nous n'avions pas passé tant de temps à chercher comment nous infiltrer au delà des ponts, l'intérieur de la base nous aurait posé un challenge de taille. Nous aurions alors pu découvrir le véritable but de ces bases secrètes : le contrôle de véhicules Russes High-tech, les Miest, pilotés à distance et prêts à inonder le front européen. Évidemment, l'un d'entre eux nous attendait bien au chaud dans son hangar, et il aurait fallu tout notre savoir faire pour l'éliminer et neutraliser son pilote, caché dans la base. Mais tels sont les aléas du JdR, où rien ne se passe jamais comme prévu...

Pour finir, merci à tous les participants à cette session, prélude à de nombreuses parties tests endiablées... Les moments épiques, les échecs pitoyables et l'humour plus ou moins volontaire des joueurs de ces futures parties de Pax Europae, nous vous les communiquerons dans nos prochaines chroniques rôlistiques ! Rompez !

dimanche 4 mars 2012

Super Etat, de Brian Aldiss, ou les androïdes rêvent-ils de l’Union Européenne ?

EDIT : En fin d'article, je souhaiterai vous mettre à contribution, merci ! ^^

Il y a quelques années, je me suis vu offrir par un ami la traduction du roman de Brian Aldiss « Super État, l’Union Européenne dans quarante ans ». Le sujet est prometteur, d’autant qu’Aldiss a sa réputation et que la projection se veut critique sociale, plutôt que politique. Avant toute chose, je vais tenter de ne pas trop dévoiler de l’intrigue, mais fort est de constater que si je veux parler du livre, il va me falloir traiter de la majorité de l’intrigue. De toute façon, je ne félicite pas  les Éditions Métailié qui racontent déjà presque tout sur la quatrième de couverture, notamment la conclusion d’une « intrigue » qui monte en pression dans le livre et dont la conclusion, quelques pages avant la fin, se trouve dans le résumé. Un grand anti-bravo, donc. Mais le roman lui-même, qu’en est-il ?

Très difficile de répondre à cette question, tant l’ouvrage est déroutant. Bien qu’une intrigue centrale existe et se développe au fur et à mesure par petites touches pour former un tout à peu près homogène, sa rédaction sous forme de scénettes donne trop souvent l’impression de suivre une succession de sketchs ou de tableaux qui s’enfilent comme de perles sur un collier et dont on ne voit pas toujours l’intérêt (et honnêtement, certaines scènes n’en ont pas vraiment). Le lecteur est donc partagé entre l’inconsciente mais constante question « Où il veut en venir avec tout ça ? », et la satisfaction de voir la majorité des éléments s’imbriquer dans un puzzle compréhensible. Pourquoi l’effet n’est-il donc pas complètement réussi de mon point de vue ? Je suppose que cela tient à l’humour d’Aldiss qui se veut pince sans rire, noire ou cynique. Et bien que je n’ai aucun problème avec ça, bien au contraire, j’ai souvent eu la désagréable sensation de comprendre ce que je devrais trouver drôle sans parvenir à m’arracher moi-même un sourire de connivence pour marquer le coup. A mon sens, Aldiss force parfois bien trop le trait pour rester drôle, mais cela dépend de ses thématiques.

Plusieurs grands thèmes sociaux sont développés dans « Super Etat ». L’Europe, au final, est loin d’être l’un des plus importants, et donc des plus développés. En gros, l’Union Européenne est devenue un… super Etat, sans rire, dont la capitale est Bruxelles mais dont le Parlement est toujours réparti entre la capitale belge et Strasbourg. Bien que le continent soit très clairement complètement intégré, on ne parle cependant jamais de fédération, l’UE reste l’UE. Une monnaie mondiale existe, l’univ, ainsi qu’un nouveau réseau cognitif, j’y reviendrai plus tard. Cependant, Aldiss tire à boulet rouge sur l’idiocratie des élites corrompues par l’argent, le pouvoir et les médias, à grand renfort de perversions et de décadences (comme durant le mariage du fils du président où un androïde remplace la mariée, absente pour des raisons climatiques). Dans cette Europe qui s’écroule sous son propre poids, et surtout le poids de son appauvrissement intellectuel, une galerie de personnage vit sa vie. Certains préparent la guerre contre le Tébarou, petit pays musulman aux confins de la Chine, d’autres tentent de trouver des réponses sur la Vie, l’univers et le reste sans parvenir à trouver 42, permettant à l’auteur de critiquer en vrac l’absurdité des fanatismes religieux, voire des religions tout court, l’autophagie du capitalisme, le nihilisme de la xénophobie… bref, les lieux communs de la critique sociale. Alors autant, lorsqu’il dépeint les relations familiales modernes, je trouve qu’il s’y prend assez bien (familles recomposées plusieurs fois, mort imminente d’un proche ou de soi-même, bilan sur sa vie, etc.), autant lorsqu’il veut nous dire de nous aimer, que le racisme c’est mal et que la guerre ne sert à rien, j’aimerai qu’il arrête de prendre ses lecteurs pour des demeurés avec son insistance pesante et ses clichés lourdingues (le général Fairstepps c’est tout un programme). D’un autre côté, et à sa décharge, il a publié son livre en 2002, dans un climat où les US et la Grande-Bretagne s’apprêtaient à foncer tête baissée en Irak malgré les problèmes déjà rencontrés en Afghanistan (qui est, grosso modo le Tébarou). Si on place son livre en plaidoyer contre ce genre d’intervention dans ce contexte précis, je veux bien être tolérant. Mais tout de même, un peu de subtilité, que diable !

Outre blâmer la guerre et le capitalisme sans subtilité, Brian Aldiss a quand même de (très) bons moments. Il introduit par exemple les Foudéments, un groupe de hackers terroristes qui parasitent les canaux de l’Ambient – le nouveau réseau bioélectrique – pour diffuser des messages dans un ton théâtral et pompeux qui, lu aujourd’hui, ne peut qu’évoquer les Anonymous, ce qui a ajouté une saveur toute particulière à ma relecture ! Leur façon de proclamer de grandes vérités sur la corruption du monde pour créer chaos et confusion – sans jamais proposer une seule alternative concrète – est tout simplement délicieuse et vraiment, je pouvais presque voir le masque de Guy Fawkes. Extrait raccourcis (le passage est assez long) de leur première intervention :

« Foudéments : Prologue. Nous faisons nos courses dans des magasins où tout, surtout les produits bon marché, est trop cher. Au moins, nous vivons dans un monde libre… nous sommes libres de faire semblant d’être heureux. C’est la bouche qui parle ; le cerveau ne tient aucun compte de la bouche. (…) Tous les hommes se sentent isolés. Ils ne sont pas seuls dans ce cas. (…) Telle est la conclusion de notre premier message. Attendez la suite. »
"Nous croyons que la société est la cause de nos souffrances intérieures, mais ce sont nos souffrances intérieures qui ont créé nos sociétés" Message piraté des Foudéments p43. Admettez qu'a posteriori y a comme un relent.

Même la fin, on croirait le désormais célèbre « Expect us ». Bref, a posteriori, les Foudéments sont devenus, d’une bonne idée narrative, un élément véridique de notre société qui prouve que, malgré ses exagérations parfois indigestes, Aldiss a quand même bien cerné les décades à venir.

Autre idée intéressante, la technologie décrite. Il faut bien comprendre ce qui fait la différence entre « The Aachen Memorandum » ou « United States of Europe » et « Super État ». Brian Aldiss a décidé de jouer à fond la carte de la fable utopique, ce qui se sent (trop ?) dans sa narration. Le style se veut très proche d’Huxley (à qui il dédie son livre par ailleurs), les dialogues sont souvent alambiqués ou absurdes, et à aucun moment l’auteur n’essaye de nous persuader que cette conversation pourrait réellement avoir lieu. Tout est image, projection, métaphore, et donc non réaliste. Je dois dire que cela marche moins bien que dans Le Meilleur des Mondes, justement parce qu’il en fait trop dans sa volonté de se « placer dans l’héritage ». Toutefois, cette approche permet des élans de vraie SF que n’ont pas Aachen ou USE, comme la présence non-anecdotique d’androïdes qui ne cessent de se poser des questions – candides, à cause de leur programmation – sur l’espèce humaine et ses paradoxes, comme une sorte de rappel innocent au milieu de ces portraits cyniques. On notera néanmoins que l’un d’eux est un gros pourri cynique lui-même, à l’image de son maître autoproclamé « visage du capitalisme » qui produit des films de merde, qu’il sait excessivement mauvais, juste parce qu’il peut se le permettre (une grosse enflure, donc, au cas où ce ne serait pas évident). Les androïdes offrent une piste référentielle intéressante, bien qu’ils ne soient à mon sens pas assez exploités. Dommage, car un texte mêlant Union Européenne et androïdes philosophes, c’est quand même couillu !

L’Ambient m’a également beaucoup plu. Il s’agit d’un réseau bioélectrique qui connecte tout le monde en permanence par la pensée – même plus besoin de taper sur des touches ou parler ! Confort et praticité ! Connexion permanente ! Et aussi flemme de parler et de communiquer, spam permanent de publicités mentales… et de messages pirates de Foudéments, bien sûr. A l’heure où de plus en plus de gens ne quittent même plus Facebook sur leurs portables et postent sur Tweeter le menu de leur pause déjeuner, j’ai trouvé cette réflexion très piquante également, bien qu’encore fois pas assez développée en comparaison du message la-guerre-c’est-mal-l’intolérance-c’est-injuste, dont un tiers des scénettes qui lui sont consacrées sont à mon sens redondantes et dé-servent le propos par leur caricature.

A noter également que cette fameuse narration par tableau, même lorsqu’elle est décousue, n’offre aucune pause tout au long des 220 pages du livre. Pas de chapitres, seulement une succession de scènes sur plus de 200 pages ! Je dois admettre qu’autant cela peut devenir très addictif lorsque les passages sont bons, autant il m’est arrivé de trouver le récit épuisant.

Ce que je reprocherais à « Super État » ce n’est pas finalement un manque d’idées, mais une exploitation médiocre du potentiel. Si la lecture est globalement bonne est offre quelques bons moments d’humour acide et pince-sans-rire, j’ai eu trop souvent le sentiment qu’on passait à côté de bonnes choses et de traitements originaux au profit de démonstrations éculées sur le réchauffement climatique, le multiculturalisme et le racisme (absolument aucune innovation de ce côté-là, si ce n’est qu’au politiquement correct s’ajoute une touche blasée qui elle, en revanche, permet une conclusion un peu moins happy happy que d’ordinaire). L’arc sur le peintre irlandais et la valeur de l’art – et par extension de l’artiste – est une branche de l’argumentaire anti-ultra-libéral que j’aurais préféré voir développer, par exemple. D’ailleurs, cette impression a été beaucoup plus forte à la relecture que lors de ma découverte initiale du récit. Cela dit, ça reste une lecture intéressante, d’autant que ce genre de sujet est rarement traduit en français ! Et la caricature de la bobo européenne blasée qui trouve un réconfort spirituel chez un gourou indien via l’Ambient, ou encore les commentaires éclairés de passants « pris sur le vif » concernant l’actualité valent tout de même leur pesant de cacahuètes !


PS : Je ne développerai la thématique du voyage spatial vers Europe, la quatrième de couverture couvre déjà amplement le sujet (oui, je le rumine, celui-là !) Prochain roman sur une Europe du futur inscris sur ma liste : « Incompetence » de Rob Grant !

Le livre sur amazon.fr, et pour ceux qui préfèrent la version originale, le roman s'appelle "Super State, a novel of the European Union forty years hence".

EDIT : Je continue de rechercher des romans ou nouvelles sur le thème de l'Europe fédérale, des États Unis d'Europe, ou de l'Union Européenne du futur, afin de continuer à comparer ce qui se fait dans ce registre ! Après "Incompetence" je m'attaquerai à "l'Ange de l'Abîme" de Pierre Bordage, et un autre roman que je garde encore surprise car il sera probablement nul et pratiquement hors-sujet, mais que je me dois de lire. Seulement voilà, après ça, ma liste de lecture est épuisée ( ça aura fait 6 romans, dont 5 anglo-saxons, incluant une seule traduction, et un seul livre français... aïe.) Je cherche donc d'autres textes de fiction traitant de l'Europe du futur, comme évolution de l'Union actuelle ( en fédération ou pas ). Long, courts, en anglais, en français ou en allemand, peu importe ! Si vous en connaissez, faites-le moi savoir :-) Merci beaucoup !

mercredi 29 février 2012

Automne, un petit texte indépendant

 Une fois n’est pas coutume, ce message n'aura aucun lien avec Pax Europae ! (Soulagé ? changerait-on enfin de registre ?)

Il y a quelques temps j'avais été prié par Scriptor, un fanzine littéraire de mon nouveau chez-moi finlandais, de rédiger un texte en français dans le cadre d'une multiplication des langues représentées. Voici ce qui en est ressorti ! Pour la petite histoire, le texte m'a été inspiré par un vers de ma chère et tendre ( ici traduit et en italique ), qui représentait simplement l'automne. Ce fut donc un travail de réinterprétation très personnel...

Pour l'occasion, je vous suggère la piste Ruska d'Apocalyptica. Ruska, en finnois, signifie "couleurs d'automne" et par extension la période l'automne où les feuilles sont rousses et finissent par tomber des arbres...



Les feuilles tombent des arbres, les voitures ne roulent plus. Voitures et feuilles immobiles. 

Le murmure des branches est doux et régulier, comme une mélodie connue des arbres seuls. Ils chantent un temps que les moins de vingt ans ne pourraient pas connaître, mais il n’y a plus personne pour les écouter, hormis les immeubles impassibles. L’herbe pousse partout, libérée des parcs, des enclos, des périmètres, des droites et des angles, du béton et de la pierre. Elle s'enhardie à percer le macadam, année après année, montant à l’assaut d’un ciel d’où ne tombent plus cette pluie qui autrefois la délavait en un jaune maladif. Il n’y a plus personne pour la couper dans un ronronnement mécanique et l’odeur entêtante de l’essence, plus personne pour l’empoisonner d’un jet toxique issu du génie, du progrès et de la science. Car aujourd’hui, les voitures ne roulent plus. 

Les lampadaires sont toujours alignés au garde-à-vous au bord des interminables routes qui se croisent et se rejoignent sur des kilomètres et des kilomètres, mais aucune ampoule ne brille plus. Les oiseaux s’y perchent pour observer l’immense ruban d’asphalte qui s’étale comme l’immonde ramification d’une tumeur qu’on appelait autrefois une ville. D’immenses flèches de verre et de granit grattent les nuages, et le vent qui s’engouffre entre ces tours cyclopéennes semble hurler un sinistre cri de victoire. Les plaques brillantes qui en recouvraient la surface ont commencé à disparaître, brisées par le temps. Dans les bureaux inoccupés les feuilles se sont envolées et répandues sur les moquettes rongées par l’humidité et les insectes. Les cafetières sont toujours branchées sur des prises d’où ne sort nul courant, les tasses attendent l’arôme corsé d’un arabica qui ne viendra plus. Les ordinateurs semblent tous morts, leurs écrans noirs se couvrant lentement d’une fine mousse verdâtre. Dans le hall, le lichen a d’ores et déjà commencé son exploration des lieux et grignote les murs, les rampes d’escalier et le comptoir abandonné. Il n’y a personne pour surveiller les caméras de sécurité depuis longtemps hors service, leur œil morne définitivement tourné vers le néant. Plus personne ne surveille, et il n’y a plus personne à surveiller. Car aujourd’hui, les voitures ne roulent plus. 

La neige tombera bientôt, recouvrant ce qui reste de l’Homme d’un linceul blanc. Mais qu’on ne s’y trompe pas, la nature ne porte pas son deuil, elle ne fait que suivre son cours. Les feuilles tombent des arbres, mordorées par l’automne. Elles s’amassent en désordre dans les dédales citadins, poussées par les rafales en tourbillons merveilleux, comme si elles dansaient pour célébrer la fin de la saison et accueillir l’hiver. Car elles reviendront au printemps, annonçant les bourgeons et les pollens dans un feu d’artifice de couleurs et de senteurs. Les arbres retrouveront leur splendeur, et leurs ramures s’étendront à nouveau vers le bleu du ciel, quand la neige aura fondu et disparu. Car ainsi est la nature, et le temps suit son cours. Les feuilles tombent des arbres pour mieux renaître dans quelques mois. Les voitures, elles, ne rouleront plus jamais.

lundi 27 février 2012

Des Etoiles et de la Rose des Vents (suite) : Ce que je ne voulais pas et pourquoi

Naturellement, Internet regorge d'idées, bonnes ou médiocres, en alternative au drapeau actuel de l'Union Européenne. Mon billet précédent a montré l'exemple de plusieurs pamphlets eurosceptiques, mais je tenais également à dire quelques mots, très brièvement, sur les alternatives pro-européennes. Et surtout, pourquoi elles ne me convainquent pas pour remplacer les Étoiles et les Rose des Vents, même si ça fait OTAN.

Attaquons de base par le manque de goût ultime :

Beuh... On notera l'effort : Seulement douze bandes, pour rappeler les douze étoiles d'origine.

Voilà très exactement ce à quoi je ne voulais PAS faire penser. D'ailleurs, des drapeaux plus ou moins sur ce modèle, sont utilisés plus utilisés par les anti que les pro-Europe. Mais même en voulant décrire une Europe dystopique en exagérant les travers de sa construction, pousser le bouchon aussi loin (je rappelle que j'ai commencé à écrire cet univers en 2002, en pleine ère Bush va-t-en-guerre), non. Là, ça aurait été juste trop. Plus important encore, le drapeau des EUE doit représenter les valeurs fondatrices positives, celles que l'Europe a perdu et doit retrouver pour s'en sortir. Enfin, pour moi, les États Unis d'Europe sont un futur non seulement possible, mais souhaitable. Néanmoins, pour moi, États Unis d'Europe ne veut pas dire États Unis d'Amérique en Europe. Il y a, dans le projet européen, une voie unique et originale, qui fait que tout parallèle entre la bannière européenne et le drapeau américain est pour moi un profond manque de goût.

D'autres projets, présentés officiellement, dès les origines, et j'aurais pu m'en inspirer comme alternative :

Huit anneaux d'or, liés ensemble, sur ce modèle présenté en novembre 1954. Une belle représentation de solidarité... Seulement voilà, au mieux, certains y voyaient une copie du logo olympique ou le cadran d'un téléphone (pardonnez-moi mais : lol). Pire, certains y voyaient une chaîne, voire des menottes. Échec. A titre personnel, je trouve ça moche, voilà, c'est dit.



En remplaçant le cercle étoilé par un... cercle tout court. Ce design minimaliste et, euh... pas très esthétique... n'a pas convaincu.(Überraschung !) A titre personnel je trouve ça encore plus moche. Un Ourobors aurait été fort classe et très symbolique, mais là, rien, le vide (oui, je sais, le cercle, plénitude, unité, tout ça...)


En revanche, la Grande Idée qu'énormément de gens défendent, c'est de changer le nombre d'étoiles, souvent à cause du grand mythe qui survie encore aujourd'hui selon lequel les douze étoiles représentaient les douze membres de l'UE lorsqu'ils ont adopté le drapeau. Ainsi, à 27, le drapeau devrait-il comporter 27 étoiles ! Oui ! Mais non. Cette explication est erronée, les étoiles n'ont jamais représenté des pays. Il faut savoir qu'avant d'être le drapeau de l'Union Européenne, les douze étoiles d'or sur fond bleu était le drapeau du Conseil de l'Europe dès 1955, et que lorsqu'il a été instauré, le Conseil en question était composé de... 15 membres !


 Néanmoins, lorsque le Conseil de l'Europe s'est penché sur son drapeau, l'idée "une étoile, un pays" était déjà présente. Ainsi Salvador de Madariaga proposa-t-il de représenter chaque capitale sur le drapeau, comme sur une carte, créant une constellation. Je dois avouer que c'est très beau, mais cela souffre des inconvénients propres à la logique "étoile=pays" sur lesquels je reviendrai un peu plus bas. Le modèle "constellation" fait toujours des émules aujourd'hui, et à partir de la proposition originale (présentée ci-dessus), on peut trouver de nombreuses mises à jour sur le net :

L'Europe à 28 selon le modèle De Madariaga

L'Europe à 44 très optimiste...
 Des projets plus récents existent, officiels ou non, défendant la représentation des pays par leur étoile attitrée.

Les 27 États Membres représentés, en conservant l'aspect "cercle étoilé" Personnellement le côté cible ne me plaît pas vraiment. Énormément de variante sur ce principe, souffrant généralement de cet effet cible...

Les 27 Membres toujours en cercle parfait... Le plus logique si on tient à respecter ce critère.
Les 27, dans un alignement plus original mais pas très beau, il faut bien l’avouer. C'est mathématique, raide, et ne représente rien. Pour moi, zéro pointé, tous les défauts possibles.
Alors pourquoi cette idée d'une étoile = un pays ne me satisfait pas et ne m'a jamais semblé une bonne alternative pour un drapeau des États Unis d'Europe ? En fait, quand j'y réfléchis, je me rend compte d'un certain paradoxe qui m'habite sur la question. Mon rejet est principalement dû au fait que je me refuse à entretenir l'individualité sur le drapeau censé représenté l'unité européenne. Et pourtant, je suis totalement contre une intégration qui supprimerai les individualités. Détruire la diversité européenne serait un crime, mais continuer à distinguer chaque État Membre sur le drapeau revient pour moi à continuer la logique de chacun chez soi, chacun son étoile. Ainsi, je préfère de loin le symbole de la rose des vents. C'est un symbole unique, mais qui possède huit branches qui pointent vers différentes directions, composé d'une alternance de deux non-couleurs opposées, le blanc et le noir. Elle est unité et diversité à la fois. C'est à mon sens une représentation bien plus forte et tangible d'une unité dans la diversité qu'un alignement de 28 étoiles individuelles.

D'un point de vue personnel et concernant la réalité, et non plus ma fiction, je suis également contre ce système pour des raisons pratiques. On ne va quand même pas changer TOUS les drapeaux, des étendards aux papiers à lettre en passant par les plaques officielles, etc. A chaque fois qu'on ajoute un État Membre ! (L'année prochaine par exemple). 

Et puis d'abord, ce serait copier les Américains, na.


Aa-aaaa-aaa pauvre de moi ! (George, si tu m'entends) Malgré tout, je ne peux m'empêcher de trouver celui-ci très classe. Je ne verrai pas ce drapeau flotter sur un bâtiment officiel, mais comme représentation et comme travail artistique, je dis chapeau !

mardi 21 février 2012

Des Etoiles et de la Rose des Vents : la bannière des Etats Unis d'Europe

Je discutais avec un ami allemand récemment et il m'a fait une réflexion que j'avais déjà entendu précédemment concernant le drapeau des États Unis d'Europe dans mon univers, à savoir que la rose des vents, ça fait OTAN. Et oui, en effet, je ne peux pas le nier, d'ailleurs, il suffit de jeter un œil sur certains blogs soi-disant libertaires pour trouver ceci :


 Quand mon drapeau ressemble, je le rappelle, à ceci :


Il me semble donc qu'un petit retour sur l'histoire et la signification du drapeau s'impose !

Le drapeau des États Unis d'Europe remonte aux toutes premières versions de Carnet de Guerre, c'est dire ! Dès 2002, la bannière européenne était référée comme les "Étoiles et la Rose des Vents", ce qui donnera son nom à la première nouvelle dérivée. Quel est son sens ? 


La Rose des Vents

Au sein de l'union économique, symbolisée par les douze étoiles de l'Union Européenne originelle, est née l'union politique, tous les horizons du continent rassemblés en une seule rose des vents. La rose est une métaphore du continent européen uni, Est et Ouest, Nord et Sud, ne font plus qu'un. Toutefois, chaque branche est composée de deux couleurs, qui rappellent la devise européenne : Unis dans la Diversité.

Avec le temps, cette bannière a pris une importance particulière pour moi - forcément, elle est aussi le symbole de mon univers, 10 ans de travail. Plusieurs sens et symboliques se sont donc ajoutés avec le temps, aussi bien in univers qu'à titre personnel. La rose comporte huit branches, une pour chaque capitale itinérante de mon Europe Fédérale. Elle me rappelle également l'esprit de découverte et de voyage qui fait partie des traits communs de l'identité européenne ( ou l'était avant l'érection des murs nationalistes ). La Rose des Vents est avant tout un symbole d'orientation, un guide qui nous permet de mieux savoir d'où nous venons, où nous sommes et où nous allons. En cela c'est pour moi une représentation parfaite d'une Europe unie politiquement, le signe des Européens qui se sont cherchés, se sont trouvés, et marchent ensembles vers un futur commun.

Cette bannière incarne les valeurs originelles des EUE, celles pour lesquelles mes personnages principaux se battent, tant en dehors des États Unis d'Europe qu'en son sein... 

Et pour ceux qui se poseraient la question pour la rose des vents de l'OTAN, je cite l'ami wiki puisque le site de l'OTAN est mal foutu : Le cercle représente l’unité et la coopération, et la rose des vents la route commune vers la paix sur laquelle les pays membres se sont engagés, le fond bleu représentant l'océan atlantique.

Les Étoiles


Toutefois, si on cherche à pinailler sur la symbolique du drapeau, la grosse question devrait être : Pourquoi avoir gardé les douze étoiles ? Mon Europe dystopique est décrite comme athée, tendance radicalement anti-religieuse. Or il est de notoriété publique que l'"inspiration" (ahem ahem) du drapeau du Conseil de l'Europe (devenu drapeau de l'UE), est d'origine mariale, malgré les dénégations des institutions européennes empêtrées dans le débat sur les origines chrétiennes de l'Europe (l'UE a tout de même adopté le drapeau le jour de la Fête de la Sainte Vierge, alors désolé, mais la coïncidence me semble un peu trop grosse). N'est-ce donc pas incongru que les EUE aient conservé cette trace criante de christianisme dans sa bannière ? Pas pour moi, pour la simple et bonne raison que pour moi, le drapeau de l'UE représente bien plus les efforts de trois générations d'européistes qu'un malicieux complot chrétien qui, s'il a jamais existé, a ma foi bien foiré (Parmi les eurosceptiques les plus acharnés on saluera nos amis d'extrême-droite à qui un drapeau de la vierge aurait pourtant dû faire de l’œil.) Ce drapeau soi-disant marial, qu'en disent les eurosceptiques, d'ailleurs ?
Bonjour, je suis eurosceptique et raciste !

Bonjour, je suis eurosceptique et de droite !

Bonjour, je suis eurosceptique et de gauche !

On notera que les catho-tradi violent la sainte des saintes allègrement alors que finalement, ce sont les gauchos qui respectent les fameuses "étoiles mariales". Non, honnêtement, ce drapeau n'a plus rien de "chrétien", s'il ne l'a jamais été. Il représente l'Union Européenne, même - et peut-être même surtout - pour ses opposants les plus virulents, qui montent au créneau pour ne pas en faire un drapeau officiel. Non pas parce que ce symbole ne représente rien, mais finalement parce qu'il représente très exactement l'Union Européenne, et que l'assimilation symbole/message est déjà en route. On regrettera seulement que le message sonne si creux en 2012. Toutefois, quel que soit son succès ou son échec, l'Union représente une tentative inédite en son genre dans sur notre continent, et même si elle devait être vouée à disparaître, elle resterait tout de même l'institution qui aura instauré la plus longue période de paix de l'Histoire européenne. Qu'on soit pour ou contre Bruxelles ou la Troïka, ça mérite un peu de respect. D'ailleurs, ce qu'on en a fait, de cette chance, je rappelle à tout hasard qu'on ne peut s'en prendre qu'à nous-mêmes.

Pour en revenir au drapeau, il est vrai que j'aurai pu me tourner vers des alternatives, le net en regorge, mais je tenais à rester dans la lignée de l'Union, il fallait que mes États Unis d'Europe descendent directement de cet héritage. Je voulais continuer ce qui existait et le développer, le pousser une étape plus loin (en cela je séparerai dans les textes la symbolique des EUE et ce qu'ils sont devenus en 2033). Or, que me propose l'Union Européenne en dehors des douze étoiles ? .... Pas grand chose, hormis quelques horribles fautes de goût dans leurs campagnes de com' :

Ah c'est sûr, l'union économique on la sent bien dans le code barre, là...

EDIT : Comme demandé par un ami, voici la version mise à jour.

Fruit d'un concours à l'échelle européenne, ce logo est un vrai lingot d'or. "Made in Europe Ltd since 1957" et avec (registered) pour ne rien gâcher...
Je précise, le code barre n'a pas été utilisé par l'Union elle-même en tant que symbole de l'UE, bien que la Présidence Autrichienne en ait fait l'usage par nécessité marketing. L'idée d'inclure tous les drapeaux de l'Union pourrait être bonne si on n'encourageait pas l'idée de transformer les peuples européens en marchandises... (ceci est la version originale, certains ont trouvé l'idée tellement cool qu'ils se sont sentis obligés de l'adapter après l'intégration de nouveaux États Membres) On comprendra donc qu'à choisir, je n'hésite pas, je prends les douze étoiles. 

On a souvent critiqué l'absence de sens de cette bannière artificielle, et c'est vrai. Avant, elle ne voulait rien dire, et elle commence seulement à prendre un sens (bon ou mauvais, selon chacun). Si je la conserve, c'est en souvenir de l'étape économique de l'Union sans laquelle l'étape politique de l'univers Pax Europae n'aurait pas vu le jour, elle est littéralement née en son sein, dans le Parlement Européen, dont le symbole est le drapeau bleu aux douze étoiles. Ainsi, dans la bannière de l'Europe Fédérée, l'ancien drapeau prend-il sa dimension historique et laisse derrière lui les débats stériles.

dimanche 5 février 2012

Mise à jour de "USE : Documentation sur une Europe fédérale"

United States of Europæ : dossier de documentation sur les perspectives d’une Europe fédérale a été mis à jour ! Deux discours ont été ajoutés :

 




Ces discours sont donc, comme les autres, disponibles individuellement ou dans le dossier mis à jour. Un troisième discours y sera très bientôt ajouté, mais il bénéficiera  d'un article, car il est réellement d'actualité. Joschka Fischer y expliquait, en 2000, sa vision du futur de l'Europe, et ce discours est encore plus valable aujourd'hui qu'il ne l'était déjà à l'époque. A très bientôt, donc, et bonne lecture !

Je me devais de poster ce petit souvenir du Parlement Européen, histoire de rendre hommage à l'ami Alcide dont personne ne se souvient jamais...

jeudi 2 février 2012

Strasbourg VS Bruxelles : Des signes qui ne trompent pas...

HORREUR ! DAMNATION ! PALSAMBLEU ! N'ayons pas peur des mots excessifs !

Sur le Site de PressEurop (dans mes liens à votre droite), alors je lisais les titres du jour de la presse européenne, mon regard fut attiré par leur formulaire de Feedback... Car Jetez-un coup d'oeil à celui-ci, que j'ai aimablement copié pour vous.

Lisez bien.


Rien ne vous choque ?



La question !! Apparemment, hormis le cas das de figure où vous seriez une machine, vous devez savoir que la ville où se trouve le Parlement Européen se doit d'être belge. Ou bien vous tenez compte des Traités, et alors ce n'est pas le cas.

Je suis choqué.


Mais cet acte de terrorisme centraliste ne restera pas impuni.







Moi, Florent Lenhardt, je n'ai pas peur de clamer haut et fort :


Le Parlement Européen est à Strasbourg. Et il doit y rester.

Photo prise au "Parlement Européen de Bruxelles" par un militant anonyme. Nous ne lâcherons rien ! La lutte sera rude, âpre, et notre adversaire est sournois comme nous venons de le constater. Mais j'ai confiance. Strasbourg vaincra. Vive le Québec Libre, et autres slogans.